Maman, je t'aime

Publié le par Kitty

Maman  est de nouveau à l'hôpital. J'ai bien cru qu'elle allait nous lâcher cette fois, mais c'est bien mal la connaître. Malgré sa souffrance, elle se bat. Je mes suis occupée d'elle comme j'ai pu,  mais je n'ai pas la technique, je sais que je lui fais mal lorsque je lui fait sa toilette, elle me dit : "se faire laver les fesses par sa fille, je ne pensais pas en arriver là". Je lui réponds que cela n'a pas d'importance, que c'est comme s'occuper de ses enfants, cela ne coûte pas, pourtant moi non plus je ne pensais pas que je pourrais, mais au contraire, c'est de l'amour que je ressents pour cette femme qui m'a mise au monde

 

Je viens de lire un ouvrage : Grandir de Sophie Fontanel.  L'histoire d'une fille qui s'occupe de sa mère et qui sent tout comme moi, l'amour qui grandi en elle. Je pense que vous pouvez encore écouter l'émission France-inter qui m'a fait découvrir ce livre.

 

Elle est hospitalisée à Montfermeil, hôpital auquel j'ai quelques reproches à faire dans la manière de s'occuper des personnes âgées dépendantes qui pourrait s'appeler maltraitance. Hospitalisée moi-même, il y a deux ans j'avais constaté exactement les mêmes dérives.

 

On lève les personnes le matin, on les installe dans le fauteuil, elles demandent qu'on les emmène aux toilettes et là on leur demande si elles sont garnies, si la réponse est oui, de ne pas se gêner de faire sous elles, vous imaginez l'humiliation qu'elles peuvent ressentir... La voisine de ma mère m'a même dit "je vais me suicider !" Vous imaginez son désespoir ! et le pire c'est qu'à 17 h elle était toujours assise dans le fauteuil, sans avoir été changée.

 

Quant à Maman, elle ne se lève pas mais on lui met ses médicaments sur la tablette, alors qu'elle est incapable d'ouvrir les emballages. Hier, elle a souffert tout l'après midi, je ne savais pas si elle avait reçu son antalgique, mais en la changeant, vers 17 h, l'aide soignante a retrouvé la gélule dans le lit. L'aide soignante ou l'infirmière a dû lui mettre dans la main mais n'a pas vérifié qu'elle l'avait bien avalée. J'étais tellement en colère que j'en ai pleuré. Elle n'aurait pas dû souffir comme cela juste à cause d'une négligence. J'ai fait les remarques aux intéressées et j'espère qu'aujourd'hui, cela se passera mieux.

 

je voulais rajouter quelque chose :  à ces personnes soignantes, il leur arrivera un jour d'être vieilles, je l'espère, d'être obligées d'aller à l'hôpital, je ne le leur souhaite pas, de ne pouvoir bouger sans aide, peut-être se rappelleront-elles, alors, des sonnettes mises sciemment ou inconsciemment hors de portée, des humiliations, faire dans ses couches, rester des heures sur le fauteuil sans être changées, des médicaments anti-douleurs non administrés. J'aimerais qu'elles y pensent dès aujourd'hui car  cela n'arrive pas qu'aux autres !!!

 


 

Publié dans positivons

Commenter cet article